Hormis quelques reclus coupés du monde, l’artiste est plus que jamais imprégné de réalités multiples et parfois contradictoires, inhérentes à son environnement. C’est au coeur de cette dialectique qu’évolue Hasna El Bécharia. Femme, elle reprend et adapte depuis toujours les thèmes des musiques gnawa, un genre thérapeutique essentiellement pratiqué par les descendants-hommes des esclaves noirs au Maghreb. Sur ce deuxième album, la chanteuse, guitariste et joueuse de guembri (un instrument à corde au son entêtant qui donne du relief aux plaintes et complaintes) n’hésite pas, selon ses humeurs, à attirer ces musiques vers des univers chaabi ou rock. Un disque remarquable, qui éclaire les liens secrets entre spirituel et corporel.